Le point de départ
Une dépendance accolée à une maison de famille. Un volume de 4,30 m sur 5,30 m, soit 22 m² au sol, et six mètres de hauteur sous plafond. Une cheminée, une dalle irrégulière non isolée, des murs en pierre fragilisés, renforcé par des tirants métalliques, avec un problème d’humidité à traiter.
L'ancien plancher de l'étage avait dû être retiré à cause des termites. Il n’en restait que les traces de solives dans le mur. Un volume impossible à chauffer, impossible à meubler, impossible à louer.
Ce qu'il ne fallait pas faire
La demande : remettre le bâtiment en état pour le louer avec le plus de surface possible pour le budget donné. La tentation, sur un volume aussi sombre, c’est de percer. Ouvrir en façade, multiplier les fenêtres, faire entrer la lumière par tous les côtés et faire une extension du côté de l'ancienne écurie.
Mais le bâti ne le permettait pas dans le budget décidé. L’état des maçonneries imposait de limiter au strict minimum les percements dans les murs porteurs. Chaque ouverture supplémentaire, c’est un linteau à créer et une descente de charges à reprendre sur une structure déjà fatiguée. C'est possible, mais coûteux.
Le conduit de cheminée, lui non plus, ne pouvait pas être démoli. Il traverse le bâtiment de bas en haut et aurait lui aussi trop fragilisé la structure. Deux limites qui fermaient la plupart des options habituelles
Le projet devait donc se jouer à l’intérieur du volume existant.
Faire entrer la lumière sans percer les façades
Une seule ouverture nouvelle est créée : une baie de 160 cm au rez-de-chaussée, avec un linteau dimensionné par un bureau d’études structure. Une seule, mais bien placée, sur la façade qui reçoit le plus de lumière et qui donne sur l’extérieur.
Tout le reste passe par l’intérieur. Une verrière entre la chambre et la cage d’escalier fait descendre la lumière de l’étage vers le palier. Un velux de 55 sur 78 cm est posé en toiture, au-dessus de l’escalier, à l’endroit où la lumière tombe le plus loin dans le volume.
Trois interventions, dont une seule dans un mur porteur. C’est ce qui rend le projet finançable.
Un rez-de-chaussée où chaque mur travaille
L’escalier est adossé face au mur d’entrée, et il libère dessous l’assise d’une banquette de repas. La table s’y glisse, et le coin repas ne consomme aucune surface de circulation. La cuisine occupe l’angle en L et malgré la petite surface un cellier est conservé. Les réseaux se regroupent là, ce qui simplifie la plomberie et l’évacuation.
Derrière, une buanderie fermée récupère le chauffe-eau et le lave-linge. Sur 20 m², sortir la logistique et ce qui va avec (produit d'entretien, étandage...) du champs de vision, c’est ce qui fait la différence entre un studio et un logement.
À l'étage, une vraie chambre et une salle d'eau
L’étage accueille une chambre avec un lit de 160, trois armoires pleine hauteur le long du mur, des rangements suspendus au-dessus du lit, et une salle d’eau séparée avec douche à l’italienne, vasque à poser et colonne de rangement.
C’est ce point qui change la valeur locative du bien. Un studio et un T2 avec chambre fermée ne se louent ni au même public, ni au même prix, ni pour la même durée.
Ce que ça change
22 m² au sol au départ, environ 37 m² habitables sur deux niveaux à l’arrivée.
Un volume inhabitable devient un T2 avec chambre fermée et salle d’eau indépendante.
Une seule ouverture créée dans un mur porteur, aucune modification de l’emprise.
Un bien qui passe de dépendance inutilisée à une location meublée rentable.
Ce projet a été mené en mission de conception : relevé, diagnostic des contraintes structurelles, avant-projet, plans et prescriptions à destination des entreprises. Image 3D issue du dossier, la réalisation reste à venir.